Maîtrise d’une langue étrangère, est-ce bien raisonnable ?

Au moment où plusieurs universités françaises annoncent l’ouverture de diplômes Masters enseignés entièrement dans la langue de Shakespeare, suivant en cela les orientations de la Ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso, il n’est pas inutile de rappeler que le niveau d’anglais des étudiants français reste un problème majeur de notre système d’enseignement.

C’est ainsi que débute ce billet du blog du directeur du groupe ESC Dijon. Il signale une corrélation entre le niveau en anglais de nos étudiants et les difficultés du commerce extérieur français. Ceci dit rappelons que corrélation n’est pas causalité et qu’il y a en effet beaucoup d’autres facteurs qui peuvent expliquer cette baisse.

scrabble

Quoiqu’il en soit il n’en demeure pas moins que la France est classée 69ème sur 109 pays en termes de maîtrise de l’anglais sur la base du test TOEFL Même s’il existe beaucoup d’autres tests de maîtrise de l’anglais, on peut tout à fait imaginer que des résultats seraient similaires.

Le principal soucis pointé à juste titre dans cet article est que 40% des entreprises françaises interrogées considèrent comme importantes ou très importantes la maîtrise d’une langue étrangère alors que la moyenne en Europe est de 60% pour la moyenne des entreprises européennes ce qui nous classe 30ème sur les 32 pays étudiés.

Finalement tout semble logique, les entreprise (pas toutes fort heureusement) ne semblent pas valoriser à sa juste valeur la maîtrise d’une langue étrangère et les performances des étudiants sont, en général, faibles. Nous avons presque là les conditions d’un cercle vicieux de replu sur soi.

Fort heureusement les dernières réformes sur l’enseignement des langues mettent bien davantage l’accent sur l’oral, la capacité à transmettre un message. Gageons que le niveau global de nos sortants du système éducatif progresse à l’avenir. L’occasion pour nous de rappeler à nouveau que la maîtrise d’une langue étrangère – au delà des compétences purement linguistiques – c’est s’ouvrir sur une autre culturelle, s’ouvrir sur le monde pour mieux en saisir les enjeux.

 

Entre 2001 et 2013, le paysage des écoles de commerce a été métamorphosé

Pierre Tapie a été directeur général de l’Essec pendant de 2001 à 2013 ainsi que président de la Conférence des grandes écoles de 2009 à 2013. Aujourd’hui, il quitte ces deux postes.  Dans un interview pour le journal Le Monde, il dresse un bilan intéressant. Pour ne citer que l’évolution de l’ESSEC, l’internationalisation y a été marquante. L’effectif d’étudiants étrangers est passé de 800 à 1 500.

Cette internationalisation a touchée tous les établissements français et plus particulièrement les écoles de management. Domaine dans lequel l’international pèse plus qu’ailleurs. Citons ce passage :

La compétence même de manageur dans un monde plus global est nécessairement interculturelle.

Une raison supplémentaire d’aborder l’enseignement supérieur avec de solides bases interculturelles.

Interview a lire sur le site du Monde.

 

Projet de loi refondation de l’école et langues étrangères

Une modification est attendue quant à la place de l’enseignement des langues dès l’école primaire. Il est question d’avancer cet enseignement dès le CP (au lieu de CE1 actuellement).

Citons l’exposé des motifs qui reconnaît un certain retard en France :

Il convient en effet de mettre un accent particulier sur la maîtrise des langues vivantes dans la refonte du contenu des enseignements. Les résultats des élèves français en la matière sont alarmants. Les enquêtes internationales montrent qu’ils sont non seulement loin de maîtriser les compétences attendues en fin de 3e, mais surtout arrivent en dernière position de l’ensemble des élèves européens évalués pour la maîtrise de ces compétences. La section proposée contient un article L. 312-9-2 qui rend un véritable enseignement en langue vivante obligatoire dès le début de la scolarité obligatoire (CP). Il s’agit donc de faire commencer plus tôt l’apprentissage (qui n’entre actuellement dans le cadre de l’horaire normal de l’école élémentaire qu’à partir du CE1) et de donner force de loi à cet apprentissage précoce (actuellement l’apprentissage en CE1 ne relève que d’une mesure réglementaire).

Maîtriser une langue étrangère est en effet indispensable de nos jours.

Peur du ridicule en langue ?

Le Français n’est pas mauvais en langues mais il a peur du ridicule.

C’est le message passé lors d’une interview parue dans Le Point d’un directeur d’une école de langue en Angleterre. On y lit aussi ce passage fort intéressant :

 Intellectuellement, toutes les bases et les règles sont en place, mais ils ne savent pas les utiliser spontanément, quotidiennement. C’est comme si on nous demandait de passer notre permis en n’ayant fait que le code.

 

Enrichir son parcours : une année à l’étranger

Éric M’Farredj a donné une interview dans le magazine de décembre 2012 de « Famille & éducation » . Il est adjoint à l’équivalent du directeur des services départementaux de l’éducation nationale mais dans l’enseignement privé sous contrat. Il est question de « valoriser ses activités extra-scolaires ».  Il signale :

La norme, aujourd’hui, c’est d’avoir un bac+5 et les diplômes ne font plus autant la différence. Les jurys, comme les employeurs, ont besoin de trouver chez le candidat l’aspérité qui va leur donner une bonne raison de le choisir.

Une raison supplémentaire pour ne pas hésiter à rajouter une ligne importante à son CV qui peut faire la différence et qui dans tous les cas ne peut qu’être enrichissante.

Séjour longue durée ou séjour linguistique ?

Un séjour de longue durée est un séjour d’une durée allant de 3 mois jusqu’à 10 mois soit une année scolaire. Il est organisé dans un pays dont on apprend la langue et inclue le plus souvent une scolarisation dans un établissement d’enseignement du pays d’accueil. L’élève est accueilli dans une famille qui est la plupart du temps bénévole. C’est avant tout une expérience culturelle, linguistique et sociale unique. Les bénéfices vont bien au delà d’une acquisition d’un niveau linguistique solide et durable grâce à l’immersion totale. Ils comprennent aussi :

  • Comprendre et apprécier les différences culturelles.
  • Mûrir et apprendre au contact d’un environnement culturel différent.
  • Développer de nouvelles facultés d’adaptation, d’ouverture d’esprit et de connaissance de soi.
  • S’ouvrir de nouvelles perspectives de développement personnel, intellectuel et professionnel.

Tout cela suppose une motivation certaine chez le jeune et sa famille. Un séjour longue durée à l’étranger est possible à partir de 15 ans en fonction de la maturité. Idéalement on partira à partir de la fin de classe de Seconde. Les élèves souhaitant intégrer une classe préparatoire éviteront de partir après la classe de Terminale sauf accord de la prépa d’accueil.

Les séjours linguistiques de courte durée n’ont pas les mêmes objectifs.  Leur durée va généralement de une à 12 semaines pour les plus longs. La moyenne se situe à deux semaines. Ils sont principalement axés sur l’apprentissage de la langue avec des cours par des professeurs de langue maternelle celle du pays d’accueil. Généralement ces séjours s’adressent à un public de mineur à partir du Collège. En général, l’hébergement se fait en famille d’accueil. Sauf pour les séjours en immersion totale, le séjour se déroule avec d’autres francophones. Il arrive que les familles d’accueil hébergent en même temps d’autres étudiants étrangers.

Nous ne faisons de toutes façons que des séjours longues et courtes durée en immersion totale avec un seul élève étranger accueilli dans la famille qui le temps du séjour sera sa famille. Chaque participant a une destination finale qui lui est propre (lieu de résidence de sa famille d’accueil). Il s’agit donc essentiellement de voyages individuels et non accompagnés. Les participants peuvent être amenés à effectuer seuls des correspondances d’avion.

Cadre européen commun de référence pour les langues

Le Cadre européen commun de référence pour les langues définit des niveaux de maîtrise d’une langue étrangère. Ces niveaux sont désormais la référence dans le domaine de l’enseignement des langues dans de nombreux pays d’Europe.

En France, ils sont repris dans le code de l’éducation comme niveaux de compétence en langues vivantes étrangères attendus des élèves des écoles, collèges et lycées

L’échelle de compétence langagière fait apparaître trois niveaux subdivisés en six niveaux :

  • Niveau A : utilisateur élémentaire, lui-même subdivisé en niveau introductif ou de découverte (A1) qui est le niveau cible en fin d’école élémentaire et intermédiaire ou usuel (A2)
  • Niveau B : utilisateur indépendant, subdivisé en niveau seuil (B1) pour les élèves de 16 ans et avancé ou indépendant (B2). Il correspond à une  » compétence opérationnelle limitée  » ou une  » réponse appropriée dans des situations courantes « . En fin de Terminale, le niveau cible est B2.
  • Niveau C : utilisateur expérimenté, subdivisé en C1 (autonome) et C2 (maîtrise)

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Vous trouverez plus d’informations sur eduscol

 

Enquête européenne sur les compétences linguistiques 2012

Une étude européenne sur les compétences linguistiques vient d’être menée à l’initiative de la Commission européenne. La rapport a été rendu fin juin 2012. Bilan : les français se classent quasiment dernier pour ce qui est de la maîtrise de l’anglais. Juste devant les jeunes anglais pour leur maîtrise du français.

Citons : « The Survey shows that for the first foreign language, the proportion of students reaching the level of independent user varies from 82% in Malta and Sweden (English) to only 14% in France (English) and 9% in England (French). »
Le niveau « independant user » correspond approximativement au niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues(CECRL). C’est le niveau cible en fin de Terminale.